Pas une journée ne se
passe sans que la protestation présidentielle, accompagnée de celle de l’UMP, ne s’exprime avec force contre les banques, les patrons, les parachutes dorés. Même le MEDEF et Madame Parisot s’y
mettent, contre leurs propres troupes, exhibant leur moralité. Et pendant ce temps là, les entreprises licencient et reçoivent des fonds publics, les banques spéculent, les salariés perdent leur
emploi.
Alors, comment vivre quand on a des crédits sur le dos, pour la maison, pour la voiture, et que dans une famille les deux parents ont été licenciés
car travaillant dans la même entreprise ? Et pendant ce temps là, on va chômer chez Renault Choisy, on supprime des postes de fonctionnaire à l’école, dans les hôpitaux, à la sécurité
sociale. Les ressources de service public rétrécissent comme peau de chagrin, c’est la RGPP (révision générale
des politique publiques). Comprenez qu’il s’agit de diminuer la dépense publique en fermant des hôpitaux, des écoles, des bureaux de poste. Comprenez
qu’il s’agit de concocter un projet institutionnel, le projet Balladur, qu’il s’agit d’enlever les
compétences générales des communes, des départements pour les rendre à une autorité placée au-dessus des citoyens. Comprenez qu’il s’agit d’en finir avec la démocratie et les services rendus
(écoles, crèches, restauration, activités périscolaires : centres aérés, colonies de vacances, culture), comprenez qu’il s’agit de faire en sorte que
la concurrence soit toujours plus libre et non faussée.
Voilà le modèle qui sous-tend le capitalisme prédateur que nous connaissons en ce moment, voilà le modèle qui a conduit le Modem de Monsieur Briennon et le groupe UMP de Monsieur Delacoste à
voter ensemble contre le budget adopté le 18 mars. Cachez ce budget, disaient-ils, qui continue le haut niveau de services rendus, la modernisation de la ville, et qui par notre faute, avec les
choix politiques que nous faisons, alourdit la pression fiscale sur les Choisyens et exonère de plus en plus les entreprises de leur contribution (suppression annoncée de la taxe
professionnelle), et ignore la richesse financière des entreprises du CAC 40. Voilà la vérité toute simple et l’on ne se laisse pas prendre à la critique
du système, comme le voleur crie au volé, ou l’incendiaire au feu !