Revenant d’un voyage dans un pays où les murs effacent, enferment les hommes, dans un pays où les pierres empêchent toute circulation, dans un pays où le tramway s’ajoute aux murs
pour couper la ville en deux.
Ce pays, c’est la Palestine, 12% de sa superficie de 1948, grignotée tous les jours par l’installation des colonies, la Palestine avec ses camps de réfugiés, la Palestine qui se bat pour le
retour de ses réfugiés, pour l’installation d’un état palestinien, pour l’exécution des innombrables résolutions de l’ONU stipulant l’évacuation des territoires occupés. La Palestine face à un
gouvernement israélien ou extrême-droite, droite, travailliste font bon ménage pour réaliser ensemble la colonisation de ce qui reste des territoires palestiniens.
La Palestine abandonnée de toute la communauté internationale, de l’Europe en particulier, la Palestine meurt de l’indifférence, meurt de cette guerre silencieuse qui lui est imposée jour
après jour. Plus de terres, plus de maisons, plus de liberté de circulation, pouvons-nous un instant nous représenter cette interdiction ? Alors que machinalement nous prenons le bus, le
métro, nous marchons quand nous voulons et pour où nous voulons. « Check-point », contrôles, voitures vidées, interrogatoires interminables et vexatoires, racisme et violence, voilà le
lot quotidien des Palestiniens, interdits de soins sauf à faire des détours considérables pour trouver l’hôpital qui se trouve derrière le mur mais dont l’accès est presque impossible. Et que
dire des dégâts dans les corps, dans les chairs, que dire des 1500 morts civils de Gaza, que dire des dégâts dans les têtes avec ces murs qui calcifient les cerveaux et les yeux. Alors Palestine
état de siège ? Et pour combien de temps ?
Ce qui s’accumule avec cette situation est lourd de rancoeur et de mort pour l’avenir, c’est la chronique d’un deuil annoncé qui s’annonce. Dans ce voyage nous avons rencontré la Palestine
qui se bat, la Palestine qui franchit les murs des camps, la Palestine qui rencontre les pacifistes israéliens, la Palestine qui nous dit à Jérusalem- Est et à Bir-Zeit : « nous avons
besoin de vous, pour nous et pour la paix dans le monde », la Palestine qui se bat contre le vol des terres et des destructions des maisons.
Alors derrière l’arrogance, le racisme, la violence, il y a le nom de la Palestine et le camp de Bir-Zeit, gardons ce mot au cœur, c’est un nouveau mot Choisyen : « Bir-Zeit en Palestine ».