Cette réunion de notre Conseil national ce matin
devrait nous permettre de nombreuses initiatives qui puissent donner un ton combatif et rassembleur à cette rentrée. Chacune, chacun de nous a d’ailleurs retrouvé pleinement son activité
militante après, je l’espère, quelques moments de détente bien mérités, et pu mesurer, jour après jour la cadence à laquelle le gouvernement et le MEDEF multiplient les coups et les attaques
contre le système social de notre pays, ses services publics, ses collectivités locales, le code du travail, et continuent de promouvoir des réformes allégeant toujours plus la contribution du
Capital au développement de la société, l’exonérant à tour de bras de toutes contributions sociales et fiscales au détriment des ménages et de l’investissement utile.
Les conséquences sont lourdes dans les communes, les quartiers populaires, déjà très fragilisés et qui voient s’aggraver encore leurs conditions de vie, alors que le pays s’enfonce dans la crise sociale et que les milliards de fonds publics donnés aux banques n’ont en rien atténuée ; des milliards utiles avant tout à relancer la financiarisation de l’économie et les profits des grands groupes et de leurs actionnaires. Je ne développerais pas plus longtemps sur le constat que nous faisons toutes et tous dans notre assemblée et que notre peuple découvre chaque jour dans sa vie quotidienne de manière concrète. Notre responsabilité d’élu-es appelle à nous engager pleinement dans la nécessaire et urgente riposte qui s’impose pour obtenir des réponses urgentes et construire l’espoir d’une alternative aux politiques libérales dont souffre aujourd’hui la grande majorité. Le temps presse pour multiplier les initiatives tant dans les départements, les communes qu’au niveau national, pour faire vivre la cohérence de nos positions, mais aussi de nos propositions et rendre efficaces et visibles tous nos efforts pour rassembler autour de luttes et de projets porteurs de progrès social et démocratique.
Alors, quelles initiatives avons-nous prises ? Ou quelles initiatives allons-nous prendre ? C’est autour de ces questions que nous pourrions débattre ce matin, pour pointer avec précision les tâches qu’il nous faut accomplir en cette rentrée, plus précisément autour de trois terrains d’initiatives :
Le gouvernement doit renoncer à cette loi, il faut tout mettre en œuvre pour participer à la mobilisation dans les territoires. La Poste joue un rôle très important en matière d’aménagement du territoire et reste, dans de nombreux villages, le seul grand service public de proximité malgré les nombreux coups portés aux bureaux de poste. Forte de réseaux complémentaires denses et fiables et d’un personnel qualifié, La Poste peut jouer un rôle majeur pour nos collectivités, le financement du développement social mais aussi économique en redistribuant des fonds collectés et en favorisant la coopération entre banques. La direction de l’ANECR a pris l’initiative d’inviter le Comité National pour la Poste à l’inauguration de l’Espace des élus, qui se tiendra ce soir, et s’est adressée à toutes les associations d’élus de gauche et de progrès pour que les élu-es contribuent pleinement à la préparation de la votation. Qu’en est-il sur le terrain ? Notre collectif Services Publics, qui suit bien cette question, s’est attaché à faire passer le message. N’est-ce pas l’occasion pour faire passer dans la vie l’Appel de notre congrès aux élus progressistes ?
Il nous fait faire de cette question : « Quel avenir des collectivités locales ? » une grande affaire populaire ! Suite à notre réaction et notre exigence, l’ANECR sera reçue au Ministère de l’Intérieur pour exposer son point de vue. Nous pourrions constituer une délégation avec une sénatrice, un maire de ville moyenne et un d’une petite commune, un conseiller général et un conseiller régional, ainsi que moi-même, c’est une proposition. Déjà de nombreuses réunions et débats ont été organisés, mais il faut les multiplier pour irriguer au mieux tout le pays et susciter des actions en coopération avec les salariés des collectivités et les élus d’autres sensibilités. C’est à coup sûr dans l’opinion que va se jouer le devenir de cette réforme. Il nous faut faire face dans le débat idéologique engagé, en promouvant d’autres solutions faisant échec à la logique libérale.
Il y a des espaces de mobilisation possible ! Sous la pression exercée par les associations d’élus, le gouvernement rencontre des difficultés, y compris dans son camp pour faire valider les réformes libérales qui touchent au rôle et à la place des collectivités locales dans notre pays, mais aussi du rôle et de la place de l’Etat dans notre République. Il s’agit bien de formater tous les rouages de l’Etat aux exigences du marché unique et à la libéralisation totale de la circulation des capitaux dans le cadre d’une concurrence exacerbée. Il en est ainsi pour la suppression de la Taxe professionnelle comme des avant-projets de loi de réforme des collectivités locales et du Grand Paris. Pour donner le change aux mécontentements divers qui se font entendre, le gouvernement feint de faire durer la concertation, la commission des loi aurait 6 semaines à partir de mi-octobre pour étudier le projet de loi sur la réforme, renvoyant le débat parlementaire au mois de janvier, soit dit en passant en pleine campagne des régionales.
C’est cependant dès la Loi de Finances, avant la fin de l’année, que sera remplacée la Taxe Professionnelle, répondant en cela à la demande pressante du MEDEF, je le cite « Que les choses soient mises en œuvre d’une manière telle que chaque entreprise qui paye la TP aujourd’hui, demain en paye moins », suggérant aux collectivités locales de travailler sur des gains de productivité. Nous devons profiter du temps qu’il reste pour relever le défi en participant avec audace à la mobilisation la plus large possible.
Ces trois terrains d’initiatives convergent nationalement avec nos Rencontres Nationales de Dijon et les nourriront, puisqu’il s’agira de tourner nos débats vers les Droits humains comme priorité. Un autre mode de développement pour satisfaire les besoins à l’échelle de la planète, est à l’ordre du jour. Chaque atelier aura à produire des éléments de réponse pour partager une réflexion fertile en projets. Du local au mondial, la crise du capitalisme génère une déshumanisation qui sensibilise de plus en plus de progressistes et rend visible de nouvelles possibilités jusque-là invisibles. Les rendre encore mieux visibles au plus grand nombre exige de notre part un travail collectif, une mise en commun qui puissent révéler l’existence de nouvelle réponses et d’une nouvelle offre politique pour un réel changement.
Alors ces Rencontres, ce n’est pas un rendez-vous formel, encore moins une réunion de plus parmi tant d’autres. Nos Rencontres sont un espace de constructions, fruits des expériences et des riches analyses de chacune et chacun de nous, qui représentons des millions de citoyens. Ne perdons pas de vue que comme élu-es, nous représentons nos électeurs, mais plus largement tous les citoyens de nos villes et villages que nous ne manquons pas d’associer à nos délibérations. Ces Rencontres, il nous faut donc les préparer avec application. Où en est-on dans les ADECR, dans les Régions ? Quelles initiatives ont-elles été prises ? Quelles Assemblées générales ou réunions se sont tenues ou vont se tenir ? Nous avons besoin de faire et de tenir un point précis pour réussir pleinement cette initiative et donner de l’élan à notre engagement.
Enfin, le travail de ces Rencontres sera utile pour alimenter les débats avec la population pour co-élaborer les projets régionaux. Notre secrétariat et tout l’équipe se sont employés à mettre en place les dispositions capables de créer les meilleures conditions de leur tenue, tant du point de vue matériel qu’en ce qui concerne les contenus des débats, en ayant le souci de trouver des intervenant appropriés aux différents sujets abordés. La réussite de ces Rencontres est désormais dans les mains des ADECR. Dîtes ce qu’il en est. Dès 14 heures, nous serons sur la Fête de l’Humanité, notre réunion ne devra donc pas dépasser 12H30, alors, ne perdons pas de temps, place à la discussion. Merci de votre écoute.